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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 19:17

13 janvier 2010… Il y a 2 ans jour pour jour, je posais pour la première fois les pieds en Amérique latine et plus précisément à Tirani, Bolivie… A la plupart d’entre vous j’ai dit au revoir en 2007, et nous sommes maintenant en 2010. Impressionnant, non ? Je l’ai dis, re-dit et re-re-dit, mais encore une fois aujourd’hui je me répèterais, c’est fou ce que le temps passe vite ! 

 

Il y a 2 ans, j’ai fait avec la DCC un stage de préparation au départ, mais étonnamment, ou peut-être normalement, je ne sais pas trop, le vrai départ m’a semblé être celui de là bas, pour venir ici. On est sensé connaître l’endroit où l’on va, mais pourtant on est complètement  déboussolé à l’idée d’y aller et encore plus en posant les pieds en France. La question n’est pas d’être content ou non d’y être, bien sûr que je suis contente de revoir tous mes amis, ma famille, remanger du fromage, de la charcuterie, remonter à cheval, être dans un bon lit et prendre des bains !

Je pense que la question est de ne plus être là bas, mais d’être ici, sans pourtant y être vraiment. Ce n’est pas très clair ce que je vous dis ? Et bien je pense que c’est exactement ce que je ressens… Je ne sais pas où je suis, ce que j’y fais, pourquoi, comment, etc. Je viens de raccrocher d’un long coup de téléphone avec Marielle, mon amie venant du Luxembourg et avec qui j’ai partagé beaucoup de choses pendant mes 6 derniers mois en Bolivie, toutes les 2 rentrées le 21 décembre, mais aucune n’ayant encore réellement atterrit. Le sentiment partagé de vivre une vie en parallèle ici, on sait que ce n’est pas un rêve mais on n’a pas l’impression de le vivre vraiment. Tout le monde travaille ou a ses activités quotidiennes, son rythme, ses amis, ses amours, son chez-soi, ses projets plus ou moins défini, et nous… bah…. On plane ! On essaye vaguement de se lancer dans quelque chose, éventuellement la recherche d’un boulot, mais y croit-on réellement ? Comment se lancer dans quelque chose de concret quand on n’a pas encore les 2 pieds en France, les 2 pieds au même endroit ?

 

Alors ce que je fais ? Et bien, je dors, je monte à cheval (quand il n’y a pas – 10° ou 10cm de neige…), je lis, je rêvasse, je range ma chambre, mes souvenirs, trie quelques photos, tente de reprendre une organisation française (à savoir qu’il faut prendre des RDV pour aller chez le médecin ou le coiffeur, donc m’achète un agenda parce que ma tête n’étant pas vraiment sur mes épaules, il faut bien écrire pour essayer de faire ce qui est prévu), regarde mes mails, fais les soldes (ça c’était urgent !) enfin, au final je crois que je ne sais pas exactement ce que je fais moi-même, mais je me rends compte que je fais tout lentement, sans beaucoup d’énergie, un peu planant, encore une fois.

 

A la question, t’as des projets ? je réponds oui, avec quelques idées, mais avec le sentiment plus de vouloir satisfaire la personne qui me la pose plutôt que de réels projets ayant un sens pour moi… Est-ce que je veux travailler ? bien sûr ! Mais pas chercher du boulot… Peut-être que pour cela il faudrait déjà avoir accepté d’être en France… accepter que le projet de partir et de faire un volontariat de 2 ans en Bolivie, réfléchit, mûrit, pensé, re-pensé, est achevé et qu’il faut en construire un autre. Pas facile, je trouve, d’entendre presque au quotidien « alors, c’est fini ? » ou « rentrée, définitivement ? », « tu ne repars plus, tu restes là maintenant ? », ou encore « tu repars quand ? » ! Et d’abord, que veut dire être là définitivement ? ne plus jamais bouger de la France ? Hors de question ! Alors non, je ne suis pas rentrée définitivement… Si je reste là maintenant ? Maintenant là tout de suite oui… Si je repars ? où, quand, pour faire quoi, ou je repartirai un jour mais le reste des questions je ne peux y répondre, n’étant probablement toujours pas réellement arrivée ici…

 

Est-ce que c’est dur le retour ? Ben je ne sais pas, je suis en plein dedans, ou plutôt en cours de vol entre là-bas et ici, et je ne pourrais répondre à cette question une fois atterrie je pense. Mais le départ, le vrai pour moi, celui de là bas, oui, il est dur…

Dur de dire au revoir, dur de passer la main, dur ne plus entrer en compte dans les projets de l’année 2010, dur de savoir qu’il reste encore tant de choses inachevées et qu’on les laisse comme ça derrière soi, dur de quitter pleins d’amours, le Tinku, la musique autochtone, les femmes formidables de Tirani, les enfants et adolescents que j’ai vu grandir tellement en 2 ans, les amis si proches et si fidèles, boliviens ou européens, mais surtout mon cher Coco avec qui, j’espère, l’aventure ne fait que commencer… Dur de laisser couler ses larmes, mais surtout dur de recevoir celles qui sont versées pour vous…

 

Mais non, l’aventure n’est pas finie, au contraire ! On dit toujours qu’un voyage a 3 temps : la préparation, le voyage lui-même, et les souvenirs… La coopé c’est ressemblant, on la pense, la vit mais après je ne pense pas que cela ne reste que des souvenirs… Au contraire, chaque jour, elle est là, et tout ce qu’on y a appris, vécu, nous aide, nous oriente, nous déboussole, nous accompagne, mais jamais elle ne passe à de simples souvenirs, elle est trop intense et profonde pour cela. Peut-être que pour accepter de penser à de nouveaux projets, je dois admettre que ça ne veut pas dire tourner la page mais simplement avancer et continuer celui commencé, d’une autre manière, à une autre sauce, avec plus de saveurs et de piquants que si je ne l’avais pas fait…

 

Bon je vais arrêter mes élucubrations, je voulais encore partager avec vous quelques photos mais apparemment mon ordinateur non plus n'aime pas trop le retour ou n'est pas encore bien là, il refuse de télécharger mes photos ! désolée !

 

Encore une fois, un immense merci à tous ceux qui m’ont soutenus pendant ces 2 années… Sans vous rien n’aurait été possible mais grâce à vous j’ai vécu une expérience exceptionnelle et unique ! MUCHISIMAS GRACIAS !!!!!

Par Marie-Sibylle
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 00:35

 

Et oui, je dois être honnête, je ne sais plus quoi écrire sur mon blog… En fait, je n’ai as une envie folle de me lancer dans de grands récits, mon boulot en se moment se résume à faire des résumés et des synthèses, et je n’ai pas fait de grand voyage récemment, alors j’ai décidé de juste vous mettre quelques photos pour vous donner un aperçu et je les commenterais en live d’ici 3 semaines !

 

Tout d’abord, une belle fête à Tiquipaya, communauté proche de Cochabamba, avec de la musique autochtone, de la chicha comme il se doit et un bel « ap-tapi », sorte de tapis de nourriture où chacun se sert comme il veut.

       



     




Ensuite, une petite sortie de Cocha, pour aller rendre visite aux 2 volontaires DCC qui sont à Potosi, dans un internat dans le campo, campo, campo… C’est un endroit magnifique, à une heure et demi en camion de la ville, tout à fait isolé, mais très reposant quand on n’y travaille pas !

        

 

Une semaine plus tard, grande fête de « la vida y de la muerte », à Tiataco, petit village à une heure de route de Cocha. En fait, lors de cette fête, on célèbre encore un peu la Toussaint mais de manière gaie… Ici, selon les traditions, le 1er novembre les âme des défunts descendent sur terre pour nous rendre visite, la famille entière et les amis préparent une grande table avec la nourriture préférée du défunt, et l’accueillent avec musique et tout ce qu’il faut pour faire la fête. Puis, une semaine plus tard, les Wallunk’as, sorte de grandes balançoires sur lesquelles montent les cholitas, permettent aux âmes qui n’ont pas réussi à repartir, à retourner vers le ciel. A Tiataco, tout le monde vient voir ces Wallunk’as, et les jeunes filles célibataires y montent également, afin d’attraper avec leurs pieds des paniers pendus un peu plus loin…  C’est un endroit magnifique, avec un seul défaut, il n’y a plus de bus après 7h du soir donc il y a toujours des problèmes pour rentrer… Enfin bon, ça permet de vivre de bonnes aventures !

      


 

Et enfin, fête de clôture de l’année scolaire, les danses de fin d’année, danses folklorique comme le Tinku, que je danse encore une fois demain à ma grande joie !

 

    

 

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui, mon ensayo m’attend, je vous laisse et vous dis à très très très bientôt !

 

 


Par Marie-Sibylle
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /Oct /2009 02:22
Je sais, je sais, ça fait un bail que je n’ai plus donné de nouvelles… Je sais, j’exagère mais je sais aussi que vous me comprenez tous ! Depuis quelques semaines, tous les mails que vous m’envoyez me conseillent de profiter au maximum de mes derniers mois ! Et oui, 1 an tout pile que je suis rentrée de mon séjour en France, et dans 2 mois et demi, je dois dire au revoir à la Bolivie… Bizarre tout ça, bizarre d’imaginer que tout sera déjà derrière moi, bizarre d’imaginer laisser tout continuer sans moi ici, et surtout difficile de partager et vous faire sentir ou comprendre ce que je peux ressentir. Il me reste 2 mois et demi à peine ici, un mois et demi avec les enfants, qui seront en vacances fin novembre, et pour répondre à la question de tous, le 20 décembre je m’envole… Si tout va bien, je pose les pieds en France le 21. Je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet, mon cœur se serre, mais je veux juste que vous sachiez, la joie de vous revoir ne manque pas, mais la tristesse de tout quitter sera terriblement forte…

Que vous raconter aujourd’hui de ma vie ici, que partager de mon quotidien, qui s’alterne, tout comme pour vous, entre WE de détente et semaine de boulot… Pour une fois, je n’ai pas un événement majeur à vous raconter, un voyage surprenant, une fête incroyable, mais beaucoup de petits moments, faciles ou difficiles, par lesquels je suis passée, je passe et je passerai pendant encore 2 mois et demi.

 Par où commencer ??? Pour faire dans la continuation du dernier article, commençons par la fameuse danse de Tinku… Comme je le disais après Urkupina, non, je ne me suis pas entraînée tant pour une seule fête : depuis Août, j’ai encore dansé à 3 reprises. Tout d’abord, nous avons tourné un clip vidéo, pour une chanson écrite pour notre fraternité. Comme le Tinku est une danse du campo, nous voilà partis pour les hauteurs de la région Cocha, à 3h de route de la ville, au milieu de nulle part. Ben je dois avouer, je suis pas faite pour faire des clip ou des films, parce que honnêtement je ne trouve pas ça drôle du tout de répéter 10 fois la même scène, en particulier quand il fait un froid glacial ! Mais bon, c’était quand même bien sympa comme journée, spécialement le grand repas à la fin !

             

ça c'est nous dansant au milieu des montagnes...



Puis mi-septembre, départ pour Chipiriri, minuscule village dans le Chapare, les tropiques de Cochabamba. Cette fois c’est l’inverse, je le disais ci-dessus, le Tinku vient du campo mais du campo de l’altiplano, donc les costumes sont faits en fonction du climat, et sont en pure laine. Je me plaignais du froid à Pongo, cette fois je me plains du chaud à Chipiriri ! Impossible de danser plus d’une demi-heure avec des costumes pareils dans une chaleur pareille ! Mais le voyage en a valu la peine, Chipiriri, c’est aussi des rios, la jungle et la verdure donc 2ème jour bien agréable à se baigner, manger et se balader…

                       


 Puis vient Punata. Petite ville à 1h de Cocha, grande fête, un parcours plus long que celui d’Urkupina ! Nous avons commencé à danser à 18h, terminé à minuit ! Tout simplement crevant ! Voilà donc mes derniers exploits de danseuse, faut pas croire, même si mon rythme n’est pas encore parfait, je progresse à chaque fois !


Changeons de thème… Le boulot… Oui, je danse, oui, je voyage, ou je m’amuse mais faut pas croire je bosse aussi ! Et en ce moment plutôt plus qu’intensément !!! ( Raison pour laquelle je n’écris que très peu…).
Entre fin Août et début septembre, j’ai repris le soutien scolaire tous les après-midi, responsable d’un groupe, cela le temps que les nouveaux volontaires apprennent les bases de l’espagnol (je dois avouer, ils parlent déjà vachement bien !) et se sentent capables de le prendre en charge… Chose faite, ils ont maintenant chacun un groupe et nous supervisons juste que tout aille bien.

Je continue donc mes suivis psy tous les matins, et l’après-midi, je jongle entre l’apoyo, les talleres avec les mamans, et surtout la préparation des talleres ! Mine de rien, c’est énormément de boulot que de préparer un groupe à travailler dans une garderie, et en quelque sorte, d’imaginer toute cette garderie ! L’idée de la Fundacion est que ce soit les mamans qui créent le jardin infantile, le mettent sur pied, imaginent tant les activités, le type d’éducation, que la construction, la population qui sera accueillie, l’organisation en général… Mais cela veut dire pour nous qu’il faut les sensibiliser à toutes ces choses car aucune d’entre elles n’a jamais mis les pieds dans une garderie ! Nous cherchons donc tout type d’outils, d’activités, de formations afin de les sensibiliser et les préparer au mieux… Et c’est là qu’on voit que mine de rien, je suis bien européenne ! Tant de fois je reste surprise de leur logique, de leur méthodes, de leur façons de faire, de leur envie de bien faire mais de leur manque de ressources pour le faire… Beaucoup de choses sont tellement logiques pour moi, qu’il est difficile de les communiquer et d’imaginer qu’elles pourraient penser différemment ! Mais petit à petit nous avançons, à partir de la semaine prochaine, nous aurons des talleres une journée entière par semaine car, ce n’est pas tout, mais soit disant la garderie devrait fonctionner en juillet prochain !

Quant aux suivis psy, certains avances, d’autres stagnent, je rencontre presque toujours les mêmes difficultés, dont la principale est l’impossibilité de travailler en accord avec la famille… Malgré mes explications sur ce qu’est mon travail, ce qu’est la psychologie, les parents me demandent encore souvent d’enseigner à leur enfant les tables de multiplications et surtout, s’il ne sait pas, je ne dois pas hésiter à le frapper ! Autre difficulté : la langue Quechua que je ne maîtrise toujours pas, et donc impossibilité totale de communiquer avec certaines mamans, purement quechuistas ! Mais surtout, mes derniers soucis, difficultés, problèmes, angoisses, prises de tête, viennent d’un cas d’abus sexuel, que j’ai soulevé et qui m’emmène à des complications extrêmes ! Ce matin, j’ai même dû passer devant le juge ! Et sans parler des questions que je n’arrête pas de me poser aux niveaux éthique et moral. Qui sommes nous pour juger qu’une enfant est mieux isolée de toute sa famille, de tout son monde qui l’aidait à tenir le coup, de ses amis, placée avec des inconnus qui ne connaissent rien de lui mais prétendent l’aider, plutôt que d’être chez elle, même si probablement son père abuse d’elle ??? ça peut vous paraître évident comme réponse, il est impossible de la laisser face à ce risque mais je vous jure que quand l’enfant pleure des heures sans arrêter de répéter qu’elle ne veut être qu’avec sa famille, toutes vos certitudes se remettent en question… Et là, je me rends compte que je n’ai pas choisi le métier le plus facile ! Mais par contre un des plus passionnant…

Passons à autre chose… Je le disais ci-dessus, mes anciennes colocs m’ont quittées, de nouvelles sont arrivées, je vous mets juste une petite photo d’Edith et Christina, qui vivent et travaillent maintenant avec moi. Il y a également dans l’équipe du boulot 2 garçons, Jan et Sven, mais qui vivent dans une autre maison. Tous les 4 sont allemands, et tous les 4 ont 19 ans ! Un peu jeunes mais plutôt sympas…


Et puis, pour ce qui est du reste de la vie bolivienne, c’est un mélange de sorties avec les amis, de bonnes bouffes, de belles fêtes, mais aussi de moments un peu plus calmes, reposants où je profite juste de la Bolivie, des boliviens, de la vie et de la chance que j’ai d’être ici…

Voilà, vous savez tout, ou presque, je pense que je réécrirais une fois ou 2 avant mon départ, peut-être plus, probablement moins, on verra… Mais ce qui est sûr c’est que dans peu de temps, je vous raconte tout « en vivo »!
Alors à très bientôt !
Par Marie-Sibylle - Publié dans : Octobre 2009
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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /Août /2009 00:33

 

 

Bon, vous l’aurez tous remarqué, mes articles s’espacent de plus en plus et surtout mes mails… Mais même si mes raisons ne sont pas réellement valables, j’ai des raisons ! Premièrement, il faut que je sois honnête, je profite vraiment du mieux possible de la vie ici qui passe si vite, et donc ne prends pas beaucoup de temps pour me poser et écrire… Mais aussi et surtout, il y avait un grand évènement le WE dernier : la fête d’Urkupina ! Et pour cette fête, je me suis lancé le défi de danser le Tinku, donc il fallu m’entraîner tous mes soirs libres de la semaine (c'est-à-dire qd je n’ai pas d’alphabétisation)… Mais reprenons depuis le début pour être sûre que vous me suiviez…

 

Le 15 août, en Europe et partout dans le monde, c’est la fête de la vierge… Et bien ici, et plus précisément à Quillacollo, ville collée à Cocha, on ne fête pas n’importe quelle vierge mais celle d’Urkupina… Selon la tradition, la Vierge serait apparue à une jeune bergère au pied d’une colline de cette petite ville, qui se serait alors mise à crier « Orkopina !» en quechua, ce qui veut dire « là, sur la colline ! ». Les parents et les villageois découvrirent alors au sommet de la colline, la statue de pierre de la Vierge, qui se trouve maintenant dans l’église de Quillacollo… Depuis, à partir du 13 août, tout Quillacollo et même Cocha, voire le pays en entier, vient fêter la vierge pendant plusieurs jours…

 

Tout commence donc le 13, avec la entrada autoctona, défilé de groupes de musiques et danses autochtones, venu de la ville mais aussi du campo, où jouait Coco. Les instruments sont en général le siku, la tarka, la quena, le pututu, et autres instruments de Bolivie et les costumes beaucoup plus simples mais surtout tout à fait vrais (portés en réalité dans le campo).

            


        


Puis le 14, c’est la grande entrada folklorica… et c’est là que j’interviens ;-) ! Tout comme je pour le carnaval d’Oruro, Urkupina est un immense défilé de danses folkloriques, venues de tout le pays. Mais cette fois, au lieu de les regarder, je me suis mise à en danser une : le Tinku !

Juste pour préciser, le Tinku est une danse originaire de la région Nord Potosi, et signifie « rencontre ». En réalité, ce sont des rencontres qui dérivent plutôt en affrontement entre communautés campesinas. 2 communautés se réunissent à une date précise, afin de voir laquelle est la plus forte ou la plus puissante. Malheureusement, la chicha ou l’alcool bien plus puissant accompagne généralement ces fêtes, ce qui rend les affrontements très violents et parfois meurtriers… Oui je suis d’accord, l’histoire de cette danse est assez sordide, mais ce n’est la raison pour laquelle je l’ai choisie… Lorsque le Tinku se danse hors de ces communautés, cela n’a plus grand-chose à voir. Certes les pas restes rudes, évoquant parfois les bagarres, mais toute une « mise en scène » existe, un enchaînement de pas que tout le groupe fait de manière identique, bref, une vraie chorégraphie, que personnellement je trouve très belle (et le top du top c’est qu’on n’a même pas besoin d’avoir de la grâce en dansant ;-) !), et qui se fait avec des costumes que j’aime également beaucoup… Bref, tout ça pour dire que je me suis lancée et que je me suis éclatée à le danser ! Intégrée grâce à des amis suisses à la fraternité des Ch’aukas, je me suis unie au groupe d’environ 70 personnes pour apprendre le Tinku. Le 14, nous avons donc fait tout le parcours de 4km environ (traversée de la ville, depuis la colline où est apparue la vierge jusqu’à l’église où elle se trouve maintenant) en dansant, en 4h. Correct…

 

   
Coco et moi                                                               La hermanita Maria Sibylle en pleine action !
 
      
Le groupe très concentré                                                                  Swantje ma coloc et Marielle ma pote !


Mais cela ne se finit pas là ! Le lendemain, rebelote ! Nous voilà repartis pour danser, et cette fois, beaucoup moins de pression, beaucoup plus d’enthousiasme du public, nous dansons 7h environ !!! Et nettement mieux, en tout cas en ce qui me concerne ! L’ambiance était au top, tout le monde se donnant au maximum, profitant le plus possible de la fête. Bon inutile de préciser que, comme toute fête bolivienne, l’alcool coule à flot, que ce soit la Taquina, bière locale, ou la Chicha, boisson locale, personne ne reste assoiffé longtemps, malgré les efforts physiques et le soleil qui nous brûle littéralement ! Cette fois, les costumes changent de couleurs, nous voilà tous vêtus de jaune, commençant le défilé à 14h30 et terminant vers 21h…


         

                                                                                               Jhaz, le chef de la fraternité

 
                                                                                                         Un bonne partie des filles des Ch'aukas

Mais cela ne se fini pas là ! ;-) La fraternité avait organisé une grande soirée dans un local où tout le groupe s’est retrouvé, avec un grand dîner mais surtout de la musique pour…. Danser ! Et oui, en Bolivie, une fête sans danse n’est pas une fête, donc même avec des pieds remplis d’ampoules, des courbatures au corps tout entier, nous continuons pour quelques heures, en file comme il se doit, à bouger au rythme de la morenada, cueca, diablada, caporales et bien sûr un peu de Tinku en plus, mais aussi cumbia ou reguetton… Bref très varié… et extrêmement sympa ! Inutile de préciser que le lendemain j’ai eu beaucoup beaucoup de mal à bouger et faire quoi que ce soit ! Mais c’était vraiment exceptionnel comme expérience et maintenant que je connais les pas, je suis lancée, dimanche nous faisons un clip vidéo, en septembre il y a une grande fête à Sucre, en novembre « la entrada universitaria »à Cocha et le conbite (entraînement) pour le carnaval d’Oruro… Donc c’est bon, je suis sûre de danser encore quelques fois, et de rentabiliser mon costume !

 

Voilà, à part tout ça tout va très bien, le boulot est intense, mais continue à être intéressant… Les colocs ont déjà fini leur année ici, l’une est déjà rentrée en Suisse, l’autre s’en va dans une semaine et la dernière dans 3… triste triste… mais d’autres arrivent jeudi prochain, en espérant qu’elles soient tout aussi sympa !

Et vous comment allez vous ??? je sais j’abuse, je n’écris plus de mails, je pense que quelques uns me comprendront quand je dis vouloir profiter du pays plutôt que de m’asseoir chez moi et écrire des mails… Mais sachez que je ne vous oublie en aucun cas, pense très souvent à vous tous, et continue à adorer recevoir de vos nouvelles !

Donc comme on dit ici K’aya cama !

PS: Desolee, je voulais mettre des videos, mais c pas aussi simple que je pensais et j'ai pas le temps de chercher comment on fait ! dc vous les verrez une autre fois !

Par Marie-Sibylle - Publié dans : Août 2009
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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 /07 /Juil /2009 01:03

 

Me voilà de retour d’un autre superbe voyage à travers ce merveilleux pays ! Cette fois, ce n’était ni seule, ni avec maman, mais avec mes 2 chères cousines ! Non seulement c’était un plaisir immense de les retrouver mais aussi de pouvoir montrer à des gens de mon âge mon petit monde d’ici ! Bien sûr les voyages avec mamans étaient superbes mais, comme tous l’imaginez, je ne l’emmenais pas aux diverses soirées de Cocha !

Bon, depuis le temps que j’écris maintenant sur ce blog, vous avez pu observer mon incapacité à raconter synthétiquement donc je vais reprendre dès leur arrivée pour partager un peu de ce qu’on a vécu ces 3 dernières semaines…



Tout d’abord, leur voyage à elles, de Belgique jusque Cocha, fût épique : elles ont battu tous les records jamais annoncés : 70h de voyage ! Un petit arrêt non volontaire de 24h à Miami (correspondance ratée et, pas de chance, il n’y a qu’un vol par jour pour La Paz !), puis un autre arrêt de 12h à La Paz, tout aussi forcé, les a fait atterrir à Cocha avec quelques 30h de retard ! En gros, bonne chance à tous ceux qui veulent arriver en Bolivie ! Mais promis, ça en vaut la peine et j’espère que vous en serez encore plus convaincu avec la suite de ce récit…

 

Bref, une arrivée tardive mais des retrouvailles heureuses ! Dès le lendemain, ballade à travers Tirani avec une amie d’ici, même moi je découvre encore des coins inconnus et superbes !
 Et le soir, c’était le 1er viernes… j’explique… En fait, je n’en ai jamais parlé mais j’y assiste tous les mois depuis un bon bout de temps ! Le premier vendredi de chaque mois, ici, c’est la fête. Même si maintenant c’est devenu principalement une raison de se retrouver entre amis, à la base, c’est ce qu’on appelle la K’oa, soit un rituel venu des incas, célébré au début de chaque mois. Des offrandes sont faites à la Pachamama (terre mère), afin de remercier de ce qu’elle nous a procuré et lui demander d’être prospère le mois commençant. Des « mesas » sont brûlées, c’est-à-dire des feuilles de papiers sur lesquelles sont posées toutes les offrandes, diverses herbes, bonbons, fiches avec des dessins représentant diverses situations de la vie courante (magasins, couples, enfants, etc.), des feuilles de coca (sacrées dans la culture andine et représentant un moyen de communication entre le monde d’en haut et le monde où nous vivons) et parfois des fœtus de lamas. Bien sûr chaque chose à une signification bien précise, mais j’avoue beaucoup m’échappent encore ! Une fois la « mesa » mise sur le feu, il faut « ch’allar », donc verser aux 4 coins du feu un peu d’alcool, afin de bénir les offrandes. Vous vous en doutez, cela ce fait avec la Chicha, et tout le reste de la nuit se passe également autour d’elle, mais cette fois, elle n’est pas pour la terre mais pour nous ! Il y a toujours quelques groupes de musique autochtones qui nous accompagnent et rythment la nuit.


 

Le 1er WE, nous sommes donc à Cocha, visitant la Cancha, cet énorme et fameux marché, mais aussi la ville, ses bars et ses bons resto ! Vive le Paprika ;-) !
Et puis départ pour le lac Titicaca… Je l’avais déjà découvert avec maman, mais le revoir était tout aussi magique ! Et en plus cette fois, c’était sous un grand ciel bleu non stop !

   
Bon , par contre, le froid était plutôt prenant ! Visite donc de Copacabana, puis traversée vers la isla del sol, et grande ballade à pied : nous faisons le tour de l’île, complètement émerveillées par la beauté du lac, son immensité, ses couleurs intenses et les paysages de montagnes enneigées en toile de fond...

 

   
Difficile de représenter par des mots la splendeur de l’endroit, d’ailleurs récemment devenu une des merveilles du monde ! Un petit grand père nous gâte et nous chouchoute dans un très mignon petit hôtel, d’autres petits vieux nous offrent des mates (infusions) faits d’herbes cueillies pour nous et simplement mises dans l’eau chaude, nous apprécions le soir le vin bolivien, bref c’est le pied ! Mais il faut déjà repartir le jeudi matin, car supuestamente, on devait aller à Rurrenabaque, dans la jungle bolivienne.

   

pffff, trop dur de choisir quelles  photos mettre, j'en ai des milliers, toutes trop belles, vu la beaute de l'endroit !
      




Notre vol devait décoller vendredi matin… MAIS, le jour même, 5mn avant le départ, coup de téléphone, aucun avion n’a décollé la veille pour cause de mauvais temps à Rurre et impossibilité d’y atterrir, il faut donc que les passagers du jeudi partent dans notre avion, et nous sommes reléguées sur le vol du lendemain. SAUF QUE, le lendemain, même histoire, et finalement on nous mets sur le vol du lundi… RE-MAIS, lundi, rebelote, aucun vol n’a décollé depuis jeudi, donc on nous met mardi… SAUF QUE, ben y’a tout simplement plus le temps d’y aller ! Descendre là-bas pour 2 jours ça vaut plus la peine ! Donc à notre grand désespoir à toute les 3, nous avons dû abandonner la jungle, et re-planifier tout le voyage !

 

Heureusement, la Bolivie est pleine de richesse, et nous sommes allées à Coroico pour le WE, petit village à 2000m d’altitude, dans les Yungas, à 3h de La Paz. L’idée était de paresser au bord d’une piscine, ce qui fut un peu raté car nous avons eu droit à la pluie ! Mais bon c’était bien sympa, nous avons découvert la population afro-bolivienne, et j’avoue j’ai bien souri en voyant les femmes portant l’habit traditionnel bolivien, et de faisant aussi des tresses à la bolivienne, mais toutes petites et toutes crépues !   

   

Ensuite nous sommes allées à Sucre, capitale constitutionnelle de la Bolivie, ville superbement blanche et propre, où il fait bon se promener ! Et, fidèle à notre devise du voyage « on se fait plaiz », nous sommes allées nous faire chouchoutées à l’hôtel Pachamama (merci Brigitte pour la bonne adresse), avons mangé dans des restos top, pris des verres dans des cafés bien sympas et flâner…
  



On a même découvert un château de tous les styles existants, ou presque : une tour d’inspiration arabe, l’autre telle une tour de sultan, un salon avec les yeux de diables inspirés de la danse la diablada bolivienne, soit disant un jardin tel celui de Versailles (euh, ils n’ont jamais vu Versailles ni des photos je pense !), bref un mélange on ne peut plus hétéroclite !

      
 

Et enfin, retour à La Paz, journée entière de shopping, cadeaux pour tous, et retour à la vie quotidienne, bolivienne pour moi, et belge pour les cousines, cette fois, apparemment sans pb de vols… miracle !

          

Merci encore infiniment d’être venues les filles, c’était trop top de vous voir et de partager avec vous ces 2 semaines et demi, de vous montrer ce pays que j’aime tant ! Maintenant je pourrais encore raconter avec plus de détails ; je suis sûre que vous me comprendrez !

 

Voilà donc pour la petit article du mois, le boulot a repris aujourd’hui même, et promets d’être intense pendant les mois à venir ! Tout comme toutes les activités à côté… Je vous tiens au courant, bien sûr ! A bientôt !

Par Marie-Sibylle - Publié dans : Juillet 2009
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Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 01:18

Je rate peut-être pas mal de mariages d’amis en France, j’en suis bien triste, mais je me rattrape ici pour ce qui est des belles fêtes ! L’année dernière, j’en avais déjà donné un petit aperçu, mais, comme pour la plupart des choses, j’en ai profité encore plus cette année !

Je disais donc le mois de Juin, le mois de fêtes…


 Tout d'abord me voila de Cholita !!!! Vêtements traditionnels ici ...



On commence par le jour des profs le 6 juin, jour férié pour tous ceux qui travaillent dans une école. Pas de chance, cette année ça tombait un samedi, mais pas de problème, nous sommes en Bolivie : on donne alors le vendredi aux profs ! Bref, ça commençait bien, un petit WE de 3 jours, bien apprécié…


 

Puis ensuite, vient le nouvel an ! Et oui, dans les Andes, c’est le 21 juin, nuit la plus longue de l’année… Le principe de la fête est d’accueillir au creux de ses mains (source d’énergie du corps) les premiers rayons du soleil de l’année, qui nous donneront de l’énergie tout au long de l’année. Pour cela, la tradition à Cochabamba est de monter au sommet de la montagne de Sipe Sipe, dans le site inca d’Inca Racay. Du haut de cette montagne, nous pouvons voir tout Cochambamba, le soleil se lève exactement à l’opposé de la vallée et bien sûr, c’est sur cette montagne qu’arrivent tous les matins, les premiers rayons du soleil de la vallée…

Départ donc vers minuit du village et après 3h de montée sur le sentier inca (cette année, sans lune donc à la lampe torche), arrivée dans les ruines et retrouvailles avec des amis, autour d’un feu… Nous sommes, je pense plusieurs milliers, autour de centaines de petits feux, pour nous réchauffer (c’est également une des nuits les plus froides de l’année…) et attendre le lever du jour.
             
L’attente est récompensée par la présence de nombreux musiciens, jouant des musiques autochtones de sikus (sorte de flûte de paon mais se jouant en paire) et bombones (sortes de gros tambours), vêtus de poncho rouges, et profitant pleinement de la fête.

  

Les rayons du soleil approchant, tout le monde se lève et tend ses mains vers le soleil. Le moment ou les rayons touchent le creux de nos mains à quelque chose de magique, difficilement racontable : d’un coup la chaleur arrive, la force du soleil nous touche, tout le monde profite du moment, et le silence devient total pour quelques minutes. Impressionnant…  

   
    
Après cela , des rituels incas sont pratiqués et des offrandes sont faites à la Pachamama : 3 lamas sont tués et leur sang est jeté sur le rocher des rituels, datant de l’époque inca. Une grande K’oa est faite ( plusieurs « mesas » sont brulées, avec toutes sortes d’herbes, des fœtus de lama, et une multitude d’autres petites choses), il faut « ch’allar » le sol, c’est-à-dire verser quelques gouttes d’alcool sur le sol, en offrande à la Pachamama, les ritualistes nous invitent tous à mastiquer la coca, feuille sacrée dans les Andes, la musique ne s’arrête plus, tous les groupes jouent, et bien sûr comme toute célébration bolivienne, l’alcool coule à flot. Nous redescendons vers 10h, épuisés, mais la fête continue, la viande des lamas est cuite et ceux qui tiennent encore le coup la déguste. Je reste encore une fois subjuguée par la beauté de ces rituels, de ces gestes, de ce lieu, de cette musique et de l’enthousiasme et la croyance des gens présents.

  
 

Puis à peine 2 nuits plus tard, on remet ça ! Cette fois en beaucoup plus petit comité, nous fêtons la San Juan, nuit soit disant la plus froide de l’année, à la maison. Là aussi, nous sommes réunis autour d’un beau feu, et la tradition, qui, il faut le dire, n’a plus rien de bolivien, est de manger des hot-dog ! L’ambiance est très sympa et détendue, des pétards explosent dans tout Tirani, et nous profitons tout simplement de la soirée entre amis…

  


 

Et enfin, autre fête qui n’a absolument rien de bolivien à la base, mais qui fut très importante pour moi cette année : mon anniversaire ! Maintenant que je connais pas mal de monde, j’avais décidé de fêter mon quart de siècle dignement ! Donc le jour J, c’est autour d’un grand barbecue que j’ai retrouvé une trentaine d’amis, aussi bien boliviens qu’européens, tous plus géniaux les uns que les autres! La viande était délicieuse (merci José Maria !!!), et comme toute bonne parillada bolivienne, accompagnée de riz au fromage (arroz con queso), plus de patates et de yuca, plus de salade, et bien sûr, une énorme torta pleine de crème ! J’ai même eu droit à la tradition de mordre la torta et donc d’avoir la tête dedans (au moment ou l’on mort, quelqu’un derrière nous pousse dedans… charmant non ?)… Merci encore les amis pour votre présence, gracias a todos !

     

  

 
 

Et puis le lendemain, re-fiesta, chez moi, autour d’une re-torta, mais cette fois avec toutes les personnes de Tirani, enfants, mamans, collègues de boulot, encore une fois une trentaine de personnes, qui m’ont tellement gâtée ! J’ai vraiment une chance extraordinaire d’être ici et d’avoir rencontré tellement de personnes géniales !

     
Bref vous le voyez, en ce moment je nage dans le bonheur ! et en plus ce sont les vacances et les cousines arrivent demain ! Beaucoup beaucoup trop bien ! 2 semaines de voyages grandioses en prévision ! Ce sera raconté dans le prochain article dans 3 ou 4 semaines je pense !

 

Et merci à tous pour vos messages réguliers et encore plus spécialement ce 27 !

A très bientôt…

Par Marie-Sibylle - Publié dans : Juin 2009
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /Juin /2009 22:30

 

Cela fait déjà plus d’un mois que maman est repartie, et dans 4 semaines ce sont de nouveau les vacances, le temps file, des tonnes de choses se passent mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, je ne sais pas quoi raconter sur mon blog ! Comme diraient certaines personnes ici, que je n’ai rien a dire n’est pas normal ! Mais si je vous rassure tout continue à aller bien pour moi, même très bien, c’est juste que, même si je continue à être surprise par beaucoup de choses, révoltée par beaucoup d’autres, et que ma vie est loin, mais alors vraiment très loin d’être routinière, le besoin de partager ou de raconter en détail ma vie quotidienne diminue quelque peu… Fin bref je ne sais pas trop, toujours est-il que je vais quand même blablater un peu, histoire de donner quelques nouvelles !

 

Bon alors, le boulot continue à être plus ou moins le même qu’il y a 2 mois, lorsque je le décrivais sur mon blog. Je dis bien plus ou moins, car ici, en Bolivie, avoir quelque chose de régulier, fixe, sans trop de changement, est difficile voire inimaginable ! Je continue donc avec mes suivis individuels d’enfants, j’en ai maintenant plus de 10, autant dire que je suis aux anges ! Mais bien sûr, cela veut aussi dire que je connais beaucoup de moments de doutes, de réflexions, et que c’est loin d’être facile à gérer ! Non seulement je n’ai que très peu d’expérience, mais surtout les cas sont terriblement lourds, les situations extrêmement compliquées, et très régulièrement j’ai le sentiment de me lancer dans des causes perdues… En fait, même si je m’entends très bien avec l’autre psychologue, nous n’avons pas la même façon de travailler ou de voir les choses et le soutien qu’elle m’apporte n’est peut-être pas exactement celui que j’attends… en gros, je rêve très souvent d’avoir à mes côtés une de mes psy de stage, un de mes tuteurs de mémoire ou encore l’équipe exceptionnelle du CAMPS pour me soutenir, m’aider à réfléchir sur tous ces cas, prendre du recul et donc pouvoir avancer sans trop m’empêtrer ! Mais il ne sont pas là, donc il faut faire sans, apprendre à prendre du temps pour pouvoir avoir quelques moments de réflexion, ne pas baisser les bras quand les situations semblent désespérées et imaginer qu’il y a toujours une solution, que l’erreur est humaine et que parfois même, elle nous fait avancer ! Vous l’aurez compris, mes suivis individuels sont passionnants, mais pas évidents à gérer ! Ce qui est sûr c’est que j’apprends tous les jours, en particulier à me remettre en question ! Et moi qui voulait des suivis psy, ben maintenant, je dis STOP, 10 c’est largement suffisant pour moi, dans ma situation personnelle et ma situation de travail !

Heureusement, j’ai d’autres activités, comme ces talleres pour les mamans qui continuent et sont toujours aussi géniaux et mes cours d’alphabétisation, avec 3 mamans exceptionnelles ! J’ai encore et toujours ce sentiment de découvrir la culture, la façon de vivre, de penser, de voir les choses chaque jour, en particulier avec elles… mes contacts avec la population locale continuent à augmenter, la confiance à arriver (après tout cela ne fait que 17 mois que je suis là !) et j’apprécie toujours autant travailler ici !

Voilà pour mon boulot, très prenant physiquement et moralement mais toujours aussi passionnant !

 

Pour continuer dans la section école, enfants et Tirani, la semaine dernière c’était la fête des mères, extrêmement importante ici, et les enfants ont tous dansé pour elles… Voici quelques photos, sans trop de commentaires, juste pour le plaisir de voir leur jolies bouilles !

      


         
Si mes semaines sont totalement pleines, je ne peux pas dire non plus que mes WE sont vides ou que je me repose : vous me connaissez, je suis et reste plutôt incapable de me poser !

Le WE juste après le départ de maman, nous avons eu un WE DCC, donc réunion avec tous les volontaires DCC en Bolivie plus notre chère chargée de mission, qui, a notre grand regret, a terminé sa mission et passé la main ! Mais on est sûr que Guillaume, le « nouveau », fera cela aussi de main de maître ! Cette année, nous nous sommes retrouvés à Cocha, pour discuter un peu de nos différentes expériences et aussi se connaître, car en fin de compte, je suis la seule « ancienne » ! Cette rencontre m’a permis de rencontrer Christophe et Zoé, qui ont remplacé Ali et Pauline à Potosi, et qui m’ont gentiment accueilli avec Marielle le WE dernier, pour un WE top, de détente dans le froid Potosino !

Bref avant de tout mélanger, voici qd même une petite photo de nous tous !

          

 De gauche a droite : Moi, Delphine (a Cocha aussi), Anaïs (vivant dans le fin fond du Beni, a San Ignacio, dans la partie amazonienne de la Bolivie), Zoe (volontaire à Potosi avec Christophe) et Brigitte (notre chargee de mission) et sur la seconde photo, Christophe (copain de Zoe) apparaît en plus

Je disais donc que ce WE j’étais à Potosi… Et bien, quand tous les cochalo se plaignent que le froid est arrivé à Cocha, je peux leur dire que non, rien a voir, à Potosi c’est bien pire ! Brrr, quel froid de canard, là haut, comment vous avez fait pour supporter ça 2 ans Ali et Pauline ??? 4 pulls + bonnet + écharpe + collant en permanence, c’est un peu pesant, non ? Toujours est-il que cette ville reste vraiment magnifique, pleine de charme et avec une ambiance tellement relaxante ! On s’y sent vraiment bien ! J’y suis partie avec Marielle, nouvelle copine volontaire du Luxembourg, bien bien sympa, également psy, donc avec qui je peux échanger tous mes déboires de psy ! Quelques portraits et paysages de notre WE…

          
                                                                              Marielle et moi 

           
                                                                                           Christophe et Zoe, et le fameux Cerro rico dans le fond


Ah et puis j’aillais oublier de raconter mon exploit d’il y a 2 semaines : vous me croirez ou pas, j’ai fait un 5000m !!!! Et oui, vive la Bolivie, me v’la devenue montagnarde ! Bon je vous rassure, je ne suis pas partie une semaine en trek, avec tente et tout le tra la la, je n’ai pas non plus dû escalader des pentes raides ou monter dans des glaciers avec crampons et tout, mais je suis qd même très fière d’y être arrivée !!! En fait, depuis mon arrivée je me lève tous les matins avec une vue sur le Tunari, montagne la plus haute de Cochabamba, 5074m… Il fallait bien qu’un jour j’y monte, histoire de dire ! Donc nous sommes parties à 7 volontaires un dimanche matin à 5h, avons roulé en minibus 2 petites heures pour atteindre 4200m environ et de là, grande marche pour le sommet… Bon le guide nous annonce que ce sont 2-3h de marche, évidemment j’en mets 4 et demi mais c’est pas grave j’y suis arrivée !!!! Et ben, je vous jure, avoir vécu ici depuis un an et demi et monter à l’école (à 200m de la maison en amont) environ 5 fois par jour, ça m’a aidé ! Pcq mine de rien c’est beaucoup 5000m d’altitude, ça manque un peu d’oxygène tout ça ! Moi qui souffle comme un bœuf dans les montagnes suisses, j’aurais jamais imaginé souffler si peu ici ! Fin bref, je suis super fière mais surtout ravie d’avoir pu monter là haut, c’était vraiment vraiment grandiose ! Je vous laisse apprécier…

  Voila la bête, vue de chez moi... Prmi gt bien la haut !

               
                                                                                        Notre petit groupe de sportives !
  Pour montrer que les lamas ne sont pas qu'un légende !!!! En revanche, je n'en ai encore jamais vu cracher un seul !

 

Voilà donc mes dernières aventures, je savais pas quoi raconter mais finalement j’écris toujours des tartines, j’espère que tant de texte  ne vous ennuie pas trop!

 

Et dernier petit truc que je voulais vous dire : merci à tous d’avoir réagit si bien à mes plaintes ! Ces dernières semaines, ma boîte mail est de nouveau bien pleine et j’adore ça ! Par contre, là c’est moi qui foire un peu, j’arrive pas à répondre à tous ! Excusez moi !!!!

En tout cas merci infiniment de continuer à me suivre !

A très bientôt !


Par Marie-Sibylle - Publié dans : Mai 2009
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 18:11

Et voilà, encore quelque chose qui est passé à une allure folle et qui est déjà fini ! Depuis mon dernier article, maman est arrivée, nous avons voyagé, elle est restée au total 2 semaines, et ça y est elle est déjà repartie depuis une semaine ! Grrr, ce temps qui passe trop vite, quel est la formule pour le ralentir ???? C’est que tout est tellement beau, qu’on a beau essayer d’en profiter tant qu’on peut, on aimerait rester encore plus longtemps, et profiter encore plus ! Non non, je ne vais pas continuer mon article en me plaignant, malgré tout, se plaindre après un si beau voyage, ce n’est pas normal !

 

Alors pour reprendre les évènements dans le bon ordre, maman est arrivée un lundi soir, oh miracle, sans aucun pb, avec une toute petite heure de retard ! Moi je continuais à bosser la semaine donc cela lui a permis un peu de repos et d’adaptation au décalage horaire et a l’altitude ! Car après, c’était parti, départ vendredi aprem pour La Paz, la capitale la plus haute du monde : il faut avouer, c’est très très impressionnant, c’est une ville située dans une gorge, avec des rues extrêmement escarpées (et oui, faire du shopping dans la ville est un vrai sport !) allant de 3500 a 4000m d’altitude ! Là, on se ballade pas mal , visite quelques musées et découvre les rues et leur atmosphère…

 

   
   rue de ´l'artesania...                                                           La Paz vu del Alto

 Une des petites rues de La Paz...



Le dimanche, on file vers Tiahuanaco, site pré-inca, très intéressant, mais pour être honnête, le guide était vraiment pas top ! Non pas qu’il expliquait mal, c’était juste qu’on voyait très clairement que ces 20 touristes qui l’entouraient l’ennuyaient profondément ! Fin bon, passons…

    
  la fameuse puerta del sol                                           


Lundi, en route vers le plus beau moment de notre voyage : le lac Titicaca. Non, ce n’est pas une légende, c’est vraiment d’une beauté à vous couper le souffle. Déjà sur la route vers Copacabana, on commence à l’apercevoir et se rendre compte de la merveille que ça va être. En arrivant sur la ville, notre bouche s’ouvre petit à petit, et lors de la ballade au sommet du cerro Calvario, elle reste grande ouverte d’admiration. Bien sûr cela continue lorsqu’on se rend sur la Isla del Sol en bateau, puis qu’on se ballade des 2 côté de l’île  et que l’on retraverse le lac le lendemain vers Copacabana… Seul moment où elle se ferme ou peut-être s’ouvre encore plus fort, légèrement horrifiée : lorsqu’on arrive sur l’île et que l’on découvre la tête des escaliers de l’Inca qu’il va falloir monter pour atteindre quelconque hôtel ou restaurant, bien sûr avec tous les bagages ! OK, je suis pas extrêmement sportive mais je vous jure, on souffle !!! Non seulement il y a les escaliers mais après, la montée continue une petite heure (pour nous, probablement moins pour d’autres !), et tout cela a 4000m ! Il faut dire qu’après, la vue de l’hôtel, situé sur la crête de l’île est une vraie récompense…


   
 arrivee sur copacabana                                                  la cathédrale de Copacabana


    
                         Le lac.....                                            Le fameux escalier de l'inca

  
Oups, je me rends compte que je me suis un peu « emocionée » comme on dit ici, et je suis sortie un peu de la description basique de notre voyage, mais vous aurez donc compris que nous somme arrivées à Copacabana, avons passé une aprem là bas, puis de lendemain nous avons traversé un petit bout du lac pour découvrir la Isla del Sol, île sur laquelle sont arrivés les premiers Incas envoyés par Inti (le soleil). Nous y avons passé 2 jours, découvrant le côté sud et puis le Nord, avec les ruines d’un palais inca et le rocher du Puma, mais surtout ses paysages superbes, ses cultures en terrasse, ses ânes, ses alpagas, et toute cette vie particulière des habitants de l’île.

Et maintenant, je n’ai qu’une envie, y retourner en y passant un peu plus de temps, juste pour se reposer, rêver, admirer, marcher…


      
               en route vers la isla...                                         les ruines du palais inca
      

    vue de notre hôtel                                                 couleurs d'un coucher de soleil sur le lac...

Mercredi soir, retour vers La Paz et jeudi matin, nous volons vers Santa Cruz, avec comme idée d’aller visiter les missions jésuites, petits villages dans lesquels se trouvent des églises, il paraît, magnifiques, en particulier pendant la semaine sainte. Je dis bien il paraît parce que, à notre grand désespoir, nous n’avons pas réussi à y aller ! Et oui, dans ma tête, réserver quelque chose en Bolivie est une incongruité ! Mais non, de temps en temps c’est utile ! Et cette fois, nous ne l’avions pas fait, n’imaginant pas un instant que ce serait nécessaire… Mais toutes les agences, tous les tours organisés et tous les hôtels sur place étaient pleins, pleins, pleins et archi-pleins ! Bref pas moyen d’y aller… Grande déception, mais ce fut pour mieux découvrir et apprécier d’autres petites villes ou villages aux environs.

                                              la cathédrale de santa cruz...


La réalité que nous découvrons à Santa Cruz, n’a vraiment, mais vraiment plus rien à voir avec ce que nous avions vu avant : c’est une ville plate ( qd on demande aux boliviens de Cocha comment c’est, c’est leur réponse unanime !), à 200 m d’altitude, et dans la région tropicale ! En gros, on y meurt de chaud ! C’est très très humide, plein de moustiques (heureusement maintenant la dengue est presque éliminée…), terriblement chaud, mais donc très vert, avec beaucoup d’arbres, et ça pour le coup ça fait du bien !

Vendredi, nous décidons de ne pas rester dans la ville, mais d’aller jusque Samaipata, petite ville a 1600m d’altitude, donc nettement plus fraîche mais tout aussi verte, et à 3h de route environ… Et pour le coup, je crois que jamais nous n’oublierons cette route, ou plutôt ces chauffeurs !!! Tout d’abord à l’aller, un fou tout simplement, roulant à une vitesse folle et dépassant alors qu’il n’a aucune, mais aucune visibilité et que le ravin est juste à côté de nous… Notre retour fût nettement plus comique, ou du moins nous en rions beaucoup maintenant ! Ayant eu de belles frousses à l’aller, nous choisissons un petit chauffeur un peu vieux, avec une vieille voiture, se disant qu’au moins il n’irait pas trop vite ! Quelle idée ! Dès la sortie de la ville, il dépasse sans rien voir, mais surtout nous découvrons que son volant tourne dans le vide, sans faire tourner les roues de la voiture, ou légèrement, après 2 tours complets ! L’horreur ! Et pour cumuler, le chauffeur, tellement petit et avec un siège tellement défoncé, ne pouvait pas voir au dessus de son volant mais devait regarder la route entre le tableau de bord et son volant ! Inutile de dire que pendant tout le trajet, on entendait les mouches voler ! Nous sommes finalement arrivées, tremblantes mais seines et sauves, ce qui est déjà pas mal !

  
                Samaipata...                                                         Petite rue du village


Et le lendemain, re-départ de la ville pour Buena Vista, autre petite ville, bien tranquille mais aussi bien chaude à 2 petites heures de Santa Cruz.

  
                 l'eglise de buena vista                                           

Voilà, le dimanche de Pâques est déjà arrivé, nous restons la journée dans Santa Cruz, telles de vraies loques, incapables de bouger le moindre petit doigt vu la chaleur ! Et dans la soirée, nous reprenons le bus pour Cocha…

Il nous reste alors 2 jours pour profiter du climat idéal de Cocha, de la cancha, et des amis…

 

Voilà, vous savez tout, depuis j’ai repris le boulot, au même rythme intense, mais très motivée et ravie de retrouver tout le monde ! Merci maman pour ce beau voyage !!!

Prochaine pause : l’arrivée des cousines en juillet, je me réjouis trop les filles !

 

D’ici là, je ferais qd même l’effort je pense de réécrire sur ce blog mais je vous demande et re-demande de m’envoyer des nouvelles, ou même un tout petit commentaire sur le blog ! C’est pas que j’ai l’impression d’écrire dans le vent mais qd même !!!

 

A très bientôt donc !

Par Marie-Sibylle - Publié dans : Avril 2009
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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 16:48
Si ça vous intéresse je viens de mettre en lien le blog de Delphine, l'autre volontaire DCC à Cocha. Je vous conseille vivement la lecture, c'est une expérience complètement différente de la mienne mais aussi une autre manière de raconter, une autre vision, et d'autres moments qui sont partagés et pourrons vous donner une image un peu différente de ce qu'est la Bolivie ! Bonne lecture !
http://unamigranteencochabamba.blogspot.com/
Par Marie-Sibylle - Publié dans : Mars 2009
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 03:47

 

Bonjour à tous !!!!

 

Comment allez vous ? que devenez vous ? Comment vont la France, la Belgique, la Suisse et autres pays du monde ?

 

Bon comme c’est mon blog, je vais encore une fois ne parler que de moi…

Je viens d’aller y faire un tour (ce qui n’arrive presque jamais !) et j’ai découvert qu’en fait je parle que très rarement du boulot mais presque toujours de voyages, fêtes et autres occasions de s’amuser en Bolivie ! Mais je vous rassure je bosse aussi de temps en temps! Et promis je ne chaume pas ! Bon alors qu’est ce que je fais dans ce pays depuis un an ? Ou plutôt ce que je fais en ce moment, parce que bien évidemment ça change un peu tout le temps !

 

Tout d’abord, je tiens a vous annoncer la grande nouvelle : je travaille de plus en plus comme psy ! Encore une fois, il faut savoir être patiente pour faire qu’on a envie, ce qui je l’avoue n’était pas mon fort en arrivant ! Mais bien évidemment maintenant je me rends compte a quel point il était ridicule de ma part de vouloir faire des suivis psy au bout de 2 mois… Bon comme vous le verrez par la suite, je suis pas encore psy a plein temps mais au moins je fais plein de choses qui m’intéressent !

Donc j’ai maintenant de plus en plus de suivis individuels d’enfants qui, bah pour être honnête, ne vont vraiment pas bien, vivent dans des conditions familiales toujours ultra tordues, compliquées, des situations d’abandon, d’alcoolisme, de maltraitance, fin pas joyeux joyeux… Quand je dis plus de suivis c’est que je suis passée de 3 a 8 ! vous allez me dire, que ce n’est vraiment rien mais je vous jure que c’est une avancée énorme pour moi !

Et niveau suivis individuels, j’aide aussi 2 enfants, l’un en math (il est en 5ème et ne sais pas faire d’addition…) et l’autre en lecture ( c’est une petite fille qui est tombée sur la tête et qui,comme ils m’expliquent ici, est « morte une demi heure » mais qui a donc des difficultés d’apprentissages très importantes). Voilà ce qui occupe 3 de mes matinées par semaine.

 

Sinon, je ne me rappelle plus si je vous avais déjà expliqué avant ou pas, mais nous avons commencé en décembre, à former un groupe de mamans susceptibles de venir travailler dans la future garderie que nous allons construire (tout est bien au futur, je précise que lors de mon arrivée la construction devait commencer dans un mois…Nous sommes aujourd’hui 14 mois plus tard et bien la première pierre n’est toujours pas posée ! Viva Bolvia !!!). Bref, un fois par  semaine en février et maintenant une fois par mois, je donne avec Karina, l’autre psychologue, des « talleres », sortes d’ateliers ou conférence ou cours tout simplement, sur le développement de l’enfant au niveau psy et tout ce qui pourrait aider les mamans dans leur travail avec les enfants. Je trouve ça génial, ça m’oblige à tout revoir, réviser, re-penser et surtout à apprendre à expliquer de manière simple : certaines mamans n’ont jamais été à l’école et parlent à peine espagnol ! C’est passionnant, le contact avec elles est de plus en plus riche et fort, et bien sûr l’échange apparaît chaque fois plus ! Maintenant je sais charger (plus ou moins…) un bébé dans un aguayo et le mettre sur mon dos ! Bon j’avoue j’ai fait tomber la poupée (étonnamment on m’a interdit de commencer avec un vrai bébé…) plusieurs fois tête la première mais cela nous a valu de longs fous-rire et l’apparition de complicité ! Je tente aussi l’apprentissage de Quechua, mais là, c’est encore vraiment pas gagné !

      Voici 2 façons de porter dans un aguayo ( l'aguayo c'est ce tissu de toutes les couleurs qui sert à tout porter...)
 

Pour continuer avec les mamans, je donne 2 soirs par semaine des cours d’alphabétisation à 3 mamans, géniales, adorables,motivées et avec qui je me marre aussi tout le temps ! mais je découvre aussi à quel point il est difficile d’enseigner à des adultes, qd on n’est pas professeur et qu’on ne parle pas la même langue : elles sont toutes quechuistas ! Là aussi, il y a maintenant une vraie complicité et de plus en plus de confiance entre elles et moi…

 Voici "mes" mamans !

Ces deux expériences avec les mamans me permettent évidemment de connaître encore mieux la communauté, les traditions et de comprendre un peu mieux la vie locale, ce que j’adore !


Un des excellents moments passés avec elles, c’est quand Dona Roberta m’a demandé d’être la marraine de « cheveux » de Rudy, son petit dernier. Comme elle m’a expliqué, ici, les premiers cheveux d’un enfant ont beaucoup de valeur… La première fois qu’on les coupe est donc un moment très émouvant ! Parfois de grandes fêtes sont organisées, mais dans mon cas, ce fut très simple : il a juste fallu que je coupe les premiers cheveux de Rudy qui a aujourd’hui 11 mois, un soir après l’alphabétisation. Et ben, je dois avouer, c’est vachement émouvant ! Surtout quand ils sont si beaux, et qu’il faut tout raser avec des ciseaux faits pour l’école ! Je ne faisais pas la maligne au moment même mais après, si ! C’est que, comme elle dit, ce n’est pas à n’importe qui que l’on confie cette tâche !!! Vous imaginez ma fierté… Voici donc quelques photos de mon nouveau filleul, avec et sans cheveux !

   
 

Quoi de plus ? ben le soutien scolaire évidemment ! Mais cette fois, à mon plus grand plaisir, je ne suis plus chargée d’un groupe, les autres volontaires s’en chargent, mais m’occupe des enfants les plus difficiles, insupportables et surtout incontrôlables dans une salle avec d’autres… En résumé  je m’occupe surtout d’un enfant, qui me prend tout mon temps et surtout toute mon énergie !!! ça aussi c’est vraiment vraiment passionnant mais vraiment vraiment pas facile ! Et puis qd ma terreur ne vient pas, je suis électron libre, vais ou bon me semble comme il me semble ! Donc c’est tout a fait différent de l’année dernière mais tout aussi prenant !

 
 

Pour continuer dans mes diverses activités, est apparu depuis janvier un grand changement : je ne sais pas si vous vous souvenez, mais au tout tout début, avant d’arriver ici, l’idée était que je travaille dans un centre pour personnes avec un handicap mental, le centre Maria Cristina. Pour finir je n’avais pas pu y aller car le centre était dirigé par une sœur, d’après ce que j’en entends, plutôt un peu cinglée, qui avait décidé qu’aucun volontaire ne devait venir travailler là bas…bref on m’avait redirigé vers Tirani… Mais en janvier, changement de situation, la sœur est dénoncée pour maltraitance, et surtout vol d’énormément d’argent, et on demande à la fundacion de reprendre en main le centre. Bref changement total de direction et d’équipe et on me propose d’aller une fois par semaine bosser là bas. Vous me connaissez, j’ai bien sûr accepter ! Je suis donc tous les jeudis au centre, qui accueille 48 personnes avec tout type de handicap mental, allant de retard mental léger à autisme profond et de 6 à 32 ans ! C’est également passionnant mais plutôt éprouvant !

        
L'équipe de boulangers du centre                    Gaston et ses protégés...

 Le jardin du centre Maria Cristina
 

Voilà donc ma petite vie niveau boulot… Bien sûr c’est sensé poursuivre comme cela mais qui sait, les changements ont toujours lieu !

 Il faut aussi que je vous donne un petit aperçu de notre "nouvelle" posta, repeinte entièrement par les filles avec qui j'habite, en janvier et février...
 

                           

 

Et pour vous raconter la dernière aventure, un peu moins drôle mais pas grave non plus, nous nous sommes fait cambrioler ! Je vous rassure encore une fois, rien de grave, les voleurs sont justes entrés dans la cuisine et nous ont volé les 2 bombonnes de gaz plus notre dentifrice et shampooing ! Ils ne sont pas entrés dans les chambres, heureusement ! Toujours est-il que nous ne sentons plus trop en sécurité et que pour l’instant nous sommes descendues vivre en ville, au bureau de la fundacion. On va demander aux propriétaires de mettre quelques fils barbelés au dessus de nos murs et acheter un grand chien pour retourner ensuite tranquilles là haut !

D’ici là maman arrive, donc repos et voyages sont en vue !

 

Bon et comme j’aime râler, je vous le dis franchement, je suis très déçue, je reçois beaucoup beaucoup moins de mails qu’avant !!!! Et alors vous devenez quoi ????????? je veux savoir moi ! Attention si je ne reçois pas de nouvelles de vous je ne donnerais plus des miennes ! Juste pour vous montrez que je continue a râler très régulièrement…

 

Sur ce à très bientôt j’espère !

 

Et pour la route, une photo de mon autre petite filleule, Jasmin, bien au chaud dans son aguayo !
                                
Par Marie-Sibylle - Publié dans : Mars 2009
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